La plupart des gens dorment mal la veille. C’est une constante, et ça vaut aussi bien pour ceux qui viennent seuls que pour les couples.

L’appréhension tient rarement au sujet lui-même. Elle tient à l’inconnu : à quoi ressemble la pièce, faut-il tout raconter depuis le début, est-ce qu’on va nous dire qui a tort, est-ce qu’on va pleurer devant quelqu’un qu’on n’a jamais vu.

Voilà donc ce qui se passe réellement lors d’un premier entretien conseil conjugal, sans mise en scène.

Ça commence par un appel

Avant l’entretien, il y a le téléphone, et c’est souvent l’étape la plus difficile.

Notre assistante répond, écoute en quelques phrases ce qui vous amène, et oriente vers la professionnelle adaptée. Elle indique le tarif correspondant à votre situation, propose un créneau, et c’est à peu près tout.

Vous n’avez pas à préparer un discours ni à qualifier votre situation. « Ça ne va pas très bien avec mon conjoint » ou « je ne sais pas trop par où commencer » suffisent parfaitement à prendre rendez-vous.

Le lieu

Nous recevons au 284 rue Vendôme, dans le 3e arrondissement de Lyon, à quelques minutes du métro Saxe-Gambetta.

Ce n’est ni un cabinet médical ni un service administratif. Il n’y a pas de blouse, pas de divan, pas de dossier ouvert à votre nom sur un bureau. C’est un lieu associatif, ordinaire et discret, ce que la plupart des gens trouvent rassurant en arrivant.

Prévoyez d’arriver quelques minutes avant. Beaucoup de personnes nous disent après coup que le trajet et l’attente ont été plus éprouvants que l’entretien lui-même.

L’heure qui suit

La conseillère commence en général par poser le cadre. Ce qui se dit ici reste ici. Chacun parle à son tour. Personne n’est là pour trancher.

Ensuite, elle vous laisse dire ce qui vous amène. Pas dans l’ordre chronologique, pas de façon organisée. Ce qui vient, comme ça vient.

Quand vous venez en couple, chacun a son temps de parole. C’est un point important, et souvent une découverte. Beaucoup de couples qui n’arrivent plus à se parler à la maison redécouvrent dans cette pièce qu’ils peuvent s’écouter quand quelqu’un tient le cadre. La conseillère reformule, renvoie ce qu’elle entend, pose une question quand quelque chose lui échappe.

Il n’y a pas d’exercice, pas de test, pas de grille à remplir. C’est une conversation, simplement une conversation tenue autrement.

Comptez environ une heure.

Ce que la conseillère ne fera pas

Autant l’annoncer, parce que c’est là que se logent la plupart des craintes.

Elle ne désignera pas de responsable. Elle ne dira pas qui a raison sur la dispute de mardi dernier, et si vous êtes venu pour obtenir cet arbitrage, vous serez déçu, ce qui est en soi une information utile.

Elle ne vous dira pas non plus s’il faut rester ou partir. Cette décision vous appartient entièrement, et aucune professionnelle sérieuse ne s’y substituera.

Elle ne posera pas de diagnostic et ne prescrira rien. Le conseil conjugal et familial n’est pas un acte de soin, c’est un accompagnement relationnel.

Enfin, elle ne prendra pas parti, y compris quand l’un des deux vient en pensant que l’autre est le problème. Cette neutralité déstabilise parfois au début. Elle est précisément ce qui rend le lieu utilisable par les deux personnes.

Les questions qui peuvent venir

Il n’existe pas de questionnaire type, mais certaines questions reviennent parce qu’elles ouvrent quelque chose.

Depuis quand est-ce que ça dure ? Qu’est-ce qui a changé récemment ? Qu’avez-vous déjà essayé de votre côté ? Et surtout, qu’est-ce que vous attendez de cette démarche ?

Cette dernière est souvent la plus difficile. Beaucoup de gens n’en savent rien en arrivant, et c’est parfaitement acceptable comme réponse.

Ce que vous n’êtes pas obligé de dire

Rien ne vous oblige à tout déballer au premier rendez-vous.

Certains sujets, l’infidélité, la sexualité, l’argent, des blessures anciennes, demandent du temps avant d’être posés. Ils viendront s’ils doivent venir, à la deuxième séance, à la cinquième, ou jamais.

Personne ne vous poussera. Le rythme vous appartient, et une conseillère expérimentée sait très bien reconnaître le moment où il vaut mieux ne pas insister.

Faut-il venir à deux ?

Non. C’est la question qui bloque le plus de premiers rendez-vous, alors soyons clairs.

On peut venir seul, même quand la difficulté concerne le couple. Travailler sa propre place dans une relation a du sens en soi, et ça produit souvent des effets sur la relation entière.

Il arrive fréquemment que le conjoint rejoigne les entretiens plus tard, une fois qu’il a entendu que ce n’était ni un tribunal ni un piège. Ne pas attendre son accord pour prendre rendez-vous est parfois ce qui débloque toute la situation.

Et ensuite ?

À la fin de l’entretien, vous décidez. Pas avant.

Il n’y a pas de forfait, pas de programme en dix séances, pas d’engagement. Certaines personnes viennent une fois et repartent avec ce dont elles avaient besoin. D’autres construisent un suivi sur plusieurs mois. Le rythme se décide au fur et à mesure, généralement une séance toutes les deux ou trois semaines.

Si vous sentez que le courant ne passe pas avec la professionnelle qui vous a reçu, dites-le. Notre équipe compte plusieurs conseillères, et changer d’interlocutrice ne pose aucun problème. Ce n’est pas un échec, c’est une question d’affinité, et elle compte beaucoup dans ce type d’accompagnement.

Quand l’entretien concerne toute la famille

Le premier rendez-vous ne se limite pas aux couples, et le déroulé change un peu quand plusieurs générations sont dans la pièce.

Des parents viennent avec un adolescent avec qui plus rien ne passe. Un jeune adulte vient parler de sa relation avec ses parents. Une famille recomposée cherche à poser des règles que personne n’arrive à formuler sans que ça dégénère.

Dans ces situations, la conseillère veille particulièrement à ce que le plus jeune ne se retrouve pas en position d’accusé. Un adolescent amené presque de force, persuadé qu’on l’emmène chez quelqu’un qui va le corriger, a besoin d’entendre très vite que ce n’est pas ça. C’est souvent la première chose que la professionnelle installe.

Il arrive aussi que le premier entretien se fasse à plusieurs, puis que les suivants se répartissent autrement, un temps avec les parents, un temps avec le jeune. Ça se décide au fil des séances, jamais à l’avance.

Ce qui se dit ici reste ici

La confidentialité est totale. Rien de ce qui se dit pendant un entretien n’en sort, ni vers votre famille, ni vers votre employeur, ni vers qui que ce soit.

Quand vous venez en couple et que l’un de vous demande un entretien individuel, ce qui s’y dit ne sera pas rapporté à l’autre. Cette règle est parfois inconfortable à entendre, elle est indispensable pour que chacun puisse parler.

Après, prévoyez un peu de temps

Un conseil pratique que nous donnons souvent, et qui n’a rien de théorique.

Ne prévoyez pas une réunion importante dans la foulée. Un premier entretien remue, même quand il se passe bien, et beaucoup de gens en sortent fatigués sans l’avoir anticipé.

Et si vous êtes venus en couple, évitez de refaire le match dans la voiture. Ce qui a été dit a besoin de reposer un peu avant d’être commenté. Les vingt minutes du retour ne sont presque jamais le bon moment.

Pour prendre rendez-vous

L’Association Couples et Familles du Rhône accueille au 284 rue Vendôme à Lyon 3, du lundi au vendredi, en individuel, en couple ou en famille. Notre assistante répond au 04 78 60 34 32 et peut aussi répondre à vos questions avant que vous ne fixiez quoi que ce soit.

Appeler pour se renseigner n’engage à rien. C’est même souvent le premier pas, et le plus difficile.