Il y a une question qui arrive souvent avant même que la personne ait expliqué pourquoi elle appelle : « est-ce que c’est remboursé ? »

Elle est rarement anodine. Derrière, il y a souvent quelqu’un qui hésite depuis des mois, qui a fait ses comptes, et pour qui la réponse va décider de la suite. Autant y répondre clairement.

Le remboursement conseil conjugal n’existe pas au sens où on l’entend habituellement, celui d’une feuille de soins et d’un virement de la Sécurité sociale. Mais l’accès aux entretiens ne dépend pas de vos moyens pour autant, et le système fonctionne simplement autrement.

La réponse courte

Un entretien de conseil conjugal et familial n’est pas pris en charge par l’Assurance Maladie. Pas de carte Vitale, pas de feuille de soins, pas de remboursement à hauteur d’un pourcentage.

Ce n’est pas un oubli du législateur ni une bizarrerie administrative. C’est la conséquence directe de ce qu’est cet accompagnement.

Pourquoi ce n’est pas remboursé

L’Assurance Maladie rembourse des actes de soin, réalisés par des professionnels de santé, dans le cadre d’une pathologie identifiée.

Le conseil conjugal et familial ne relève pas de ce registre. Une conseillère conjugale et familiale n’est pas une professionnelle de santé, elle ne pose pas de diagnostic, elle ne traite pas de trouble. Elle accompagne des personnes dans leur vie relationnelle et affective, ce qui est autre chose.

Et honnêtement, c’est aussi ce qui fait la valeur de la démarche. Venir parler d’un couple qui s’essouffle, d’un désaccord éducatif ou d’une difficulté à se comprendre ne suppose pas d’être malade de quoi que ce soit. Passer par le circuit du soin obligerait à qualifier une souffrance relationnelle en trouble, ce qui n’aurait aucun sens pour la majorité des situations que nous recevons.

Et le dispositif Mon soutien psy ?

C’est la question qui suit, presque à chaque fois, et la confusion est compréhensible.

Mon soutien psy permet de bénéficier de douze séances par an chez un psychologue partenaire, sans passer par une prescription. La séance est fixée à 50 euros, prise en charge à 60 % par l’Assurance Maladie, le reste relevant de la complémentaire santé.

Ce dispositif concerne les psychologues, pas les conseillères conjugales et familiales. Il ne s’applique donc pas à nos entretiens.

Ça n’en fait pas une mauvaise piste, au contraire. Si ce que vous traversez relève d’abord d’une souffrance personnelle, anxiété, épisode dépressif, mal-être qui déborde largement la question du couple, un psychologue est probablement la bonne porte, et ce dispositif la rend accessible. Les deux démarches ne s’opposent pas et se mènent parfois en parallèle.

La distinction que nous faisons au téléphone est simple : est-ce que la difficulté porte d’abord sur un lien entre plusieurs personnes, ou sur ce que vous vivez à l’intérieur de vous ?

L’aide existe, mais elle arrive en amont

Voilà le point que peu de gens ont en tête.

Notre association est soutenue par des partenaires institutionnels, dont la CAF du Rhône, la Ville de Lyon et la Direction régionale aux droits des femmes. Ces financements ne vous sont pas versés à vous, ils sont versés à la structure.

Concrètement, ils permettent de proposer des entretiens à un tarif nettement inférieur à leur coût réel, et surtout de moduler ce tarif selon les ressources de chacun. L’aide ne vous parvient pas après coup sous forme de remboursement, elle est déjà intégrée dans le prix que vous payez.

C’est une logique différente de celle du soin, et elle a un avantage : vous n’avancez pas des sommes en attendant un remboursement incertain.

Comment le tarif est fixé chez nous

Le principe est celui d’un tarif adapté aux ressources. Les montants figurent sur notre page dédiée aux entretiens et aux tarifs.

Ce qu’il faut retenir, c’est que la question se pose au moment de la prise de rendez-vous, pas au milieu d’un entretien. Notre assistante l’aborde simplement, sans que vous ayez à vous justifier de votre situation dans le détail.

Personne, chez nous, n’a jamais été refusé pour des raisons financières. Si le montant reste un obstacle, dites-le. C’est une conversation banale de notre côté, même si elle est difficile à engager du vôtre.

La médiation familiale suit un autre régime

Il faut bien distinguer les deux activités, parce que leur cadre financier n’a rien à voir.

Pour la médiation familiale, l’entretien d’information est gratuit. Les séances suivantes relèvent d’un barème national établi par la CNAF, calculé selon les revenus de chaque participant, qui règle sa propre part.

Là encore, il ne s’agit pas d’un remboursement mais d’une participation modulée, avec un cadre défini au niveau national plutôt que par notre association.

Est-ce que la mutuelle peut prendre le relais ?

Parfois, mais il ne faut pas en faire un principe.

Certaines complémentaires proposent des forfaits annuels qui couvrent des accompagnements non remboursés par la Sécurité sociale. Ces forfaits visent en général les psychologues, les diététiciens ou les médecines complémentaires. Le conseil conjugal y figure rarement, mais ce n’est pas impossible.

La vérification prend cinq minutes : cherchez dans votre tableau de garanties une ligne consacrée au bien-être, au soutien psychologique ou aux médecines douces, et appelez votre mutuelle en donnant l’intitulé exact de la prestation. Nous fournissons une facture, ce qui suffit généralement pour une demande.

Ne bâtissez pas votre décision là-dessus, mais si le forfait existe, autant l’utiliser.

Une piste que personne n’explore : votre employeur

C’est un angle mort quasi systématique, et pourtant il concerne beaucoup de monde.

De nombreuses entreprises et administrations ont mis en place des dispositifs de soutien pour leurs salariés, souvent via un service social du travail, un comité social et économique ou une plateforme d’accompagnement confidentielle. Ces dispositifs couvrent parfois des entretiens qui n’entrent dans aucune autre case, et ils incluent régulièrement les difficultés personnelles et familiales, précisément parce qu’elles pèsent sur le travail.

La confidentialité est en principe garantie, l’employeur ne sait pas qui utilise le service ni pour quel motif. Beaucoup de salariés l’ignorent ou n’osent pas, par crainte que ça se sache.

Le service social de votre entreprise, votre CSE ou votre service des ressources humaines pourra vous dire ce qui existe. La question peut se poser de façon générale, sans exposer votre situation.

Si le budget reste vraiment un frein

Il existe d’autres portes, et les mentionner fait partie de notre travail même quand elles ne mènent pas chez nous.

Les centres de planification et d’éducation familiale proposent des entretiens de conseil conjugal et familial gratuits, y compris de manière anonyme, notamment pour les jeunes. Les services sociaux de secteur et les centres communaux d’action sociale orientent aussi vers des dispositifs locaux selon les situations.

Ce qui nous préoccupe, ce n’est pas de savoir où vous allez. C’est que la question du coût ne devienne pas la raison pour laquelle vous ne parlez à personne.

Ce qui coûte cher, en réalité

Nous voyons régulièrement des couples qui ont attendu des années avant de franchir la porte. Quand ils arrivent, une partie du travail consiste à défaire ce qui s’est accumulé pendant ce temps-là.

Ce n’est pas une leçon, et personne ne consulte par plaisir. Mais entre un entretien à tarif adapté et les conséquences d’un conflit qui s’installe durablement, y compris financières quand une séparation devient contentieuse, l’arbitrage mérite d’être posé honnêtement.

Pour poser vos questions

L’Association Couples et Familles du Rhône vous accueille au 284 rue Vendôme à Lyon 3, du lundi au vendredi. Notre assistante répond au 04 78 60 34 32 et vous indiquera le tarif correspondant à votre situation avant même que vous ayez pris rendez-vous.

Aucune question sur l’argent n’est déplacée. C’est même souvent celle qu’il faut régler en premier pour pouvoir penser au reste.